Dimanche 19 avril 2020 – La nouvelle naissance


Alexandra Breukink
19 Apr 2020

Le 19 Apr 2020 - 07:43

Jean 3, 1-16

Or il y avait, parmi les Pharisiens, un homme du nom de Nicodème, un des notables juifs. Il vint, de nuit, trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es un maître qui vient de la part de Dieu, car personne ne peut opérer les signes que tu fais si Dieu n’est pas avec lui. »

Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. »

Nicodème lui dit : « Comment un homme pourrait-il naître s’il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? »

Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas si je t’ai dit : “Il vous faut naître d’en haut”. Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. »

Nicodème lui dit : « Comment cela peut-il se faire ? »

10 Jésus lui répondit : « Tu es maître en Israël et tu n’as pas la connaissance de ces choses ! 11 En vérité, en vérité, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et, pourtant, vous ne recevez pas notre témoignage. 12 Si vous ne croyez pas lorsque je vous dis les choses de la terre, comment croiriez-vous si je vous disais les choses du ciel ? 13 Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. 14 Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme soit élevé15 afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle.

16 Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.

 

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Voici comment Antoine Nouis commente ce passage dans son catéchisme :

« De retour chez lui, Nicodème appelle son serviteur et l’interroge :

– Dis-moi ce qu’est le vent !

Le serviteur lui répond :

– Le vent, c’est ce qui fait chanter les arbres lorsque la brise du soir rafraîchit la terre.

– Je ne t’ai pas demandé de me parler des arbres mais du vent.

– Le vent, c’est ce qui fait danser les blés lorsque la moisson est mûre.

– Ne me parle pas de la moisson mais du vent.

– Le vent, c’est ce qui fait avancer le navire lorsque ses voiles sont gonflées.

– Ne me parle pas de bateaux. Dis-moi ce qu’est le vent !

– Maître, je ne peux pas répondre à ta question car le vent ne peut s’attraper.

Alors Nicodème comprend la parole de Jésus. L’Esprit ne se laisse pas enfermer dans nos définitions, on ne peut que l’attendre et l’accueillir. Il est comme un souffle qu’on peut écouter dans la fraîcheur du soir, il est comme une musique qui fait danser la vie, il est comme un vent qui gonfle les voiles pour nous conduire au large. »

 

Antoine Nouis. « Un catéchisme protestant ».

Éditions Olivétan, 2011.

 

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Naître toute la vie

 

Quelqu’un a dit : « II a toute la vie pour ça. »

Avoir toute la vie pour quelque chose, c’est avoir beaucoup ou pas tellement de temps ?

En tout cas, ce n’est jamais en avoir trop pour faire le plus important de ce que nous avons à faire… pour naître, et naître encore.

Si on nous demande : « Quand êtes-vous né ? », on devrait répondre : « Je suis né demain ! » Car nous ne sommes pas encore celui ou celle que nous pourrions être.

Voir mieux, mais avec le cœur ; grandir, mais en devenant humble ; s’enrichir, mais dans son esprit ; vieillir, mais pour mûrir ; devenir un homme, une femme, parce que Dieu devient mon Dieu.

Naître, quoi ! jusqu’à la grande naissance après toutes nos petites.

La vraie mort, ce n’est pas de mourir, c’est d’arrêter de naître.

 

Philippe Zeissig. « Il suffit d’une minute ».

Éditions Ouverture ; Le Mont-sur-Lausanne ; 1986 ; p.113.

 

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Où est-il, Dieu ?

 

Si tu cherches Dieu

dans la puissance du vent capable de briser la pierre

et de niveler les hommes et les montagnes,

tu es loin de Dieu.

Si tu cherches Dieu dans la violence

qui fait trembler l’ordre de l’univers,

tu t’écartes de Dieu.

Si tu cherches Dieu dans la force du feu

capable de détruire ce qui est inutile

et de purifier ce qui est souillé,

tu quittes la proximité de Dieu.

 

Mais si tu cherches Dieu

dans la discrétion de la brise,

quand il faut toute l’attention du corps, du cœur et de l’esprit

aux aguets et tendus pour déceler sa présence ;

dans la faiblesse,

quand on est arrivé aux bout de ses forces ;

dans la fragilité,

quand on a du mal à tenir debout ;

dans la petitesse,

quand les puissants se moquent ;

dans la pauvreté,

quand l’essentiel vient à manquer ;

dans la détresse,

quand on ne sait plus vers qui tourner ses cris ;

alors tu es proche de Dieu :

il se tient là, tout près.

Et il passe devant toi.

 

Charles Singer. « Saisons ».

Éditions Desclée, 1989.  p. 141.

 

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Voir au-delà

 

Je voudrais, Seigneur, que tu m’ouvres les chemins de la profondeur. En plongeant mon regard vers l’intérieur de moi-même, je pourrai prendre ma mesure et, sous la surface, découvrir aux choses une autre dimension. Je ne pourrai plus juger les autres trop facilement : consciente de ma propre profondeur, je devinerai celle des autres et je la respecterai.

Je voudrais, Seigneur, que tu ouvres mes yeux à ce qui se cache derrière les apparences. En voyant au-delà, je regarderai les autres avec d’autres yeux : je les verrai dans toute leur humanité, au-delà des défenses qu’ils se sont inventées. Et je ne pourrai m’empêcher d’éprouver pour eux de la tendresse.

Je voudrais, Seigneur, que tu me rendes sensible à la faiblesse des autres, afin de reconnaître qu’elle est sœur de la mienne. Comment, alors, pourrais-je juger mon prochain avec sévérité ? Je verrai que les autres sont aussi vulnérables que moi-même et je ne pourrai m’empêcher d’avoir un élan vers eux.

Si je savais descendre en profondeur, si je voyais au-delà, si je reconnaissais comme mienne la fragilité des autres, alors, Seigneur, je pourrais espérer te rencontrer.

 

 

Lore Dardanello Tosi.

« 100 prières pour ceux qui ont du mal à prier ».

Éditions Salvator, Paris, 2005 ; p. 39.




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